Dans Un député aux urgences (Fakir Éditions, 2025), Damien Maudet, député LFI rencontre des soignants et raconte à travers eux la crise de l’hôpital public. Il évoque à Politis les mobilisations possibles face à la crise organisée de l’hôpital et au manque de moyens, à l’heure où 9 Français sur 10 estiment désormais que l’hôpital public est en danger.
Un député aux urgences / Damien Mauduit / Fakir Éditions.
Comment expliquer le peu de mobilisations d’ampleur pour l’hôpital public malgré la gravité de la situation ?
Damien Maudet : En 2019, il y a eu beaucoup de manifestations de soignants assez peu suivies par la population. Ensuite, le covid a été un moment d’osmose entre la population et les soignants. Après la pandémie, on a eu un gouvernement annonçant qu’il mettait les moyens, ce qui s’est avéré un mensonge. Les soignants constatent que ce n’est pas le cas et que leurs conditions de travail se dégradent. En parallèle, les patients constatent qu’ils n’ont plus de médecin ou qu’ils attendent des heures sur des brancards aux urgences.
Il y a désormais à l’hôpital une logique de ‘garagiste’.
Le gouvernement attise cette tension entre soignants et patients, en disant que ce n’est pas une question de moyens mais un problème d’organisation, avec l’idée que des patients viennent pour rien. Cette tension se ressent dans l’augmentation des outrages envers les soignants et dans les plaintes envers les hôpitaux. Celle-ci est stérile car elle devrait se diriger contre les gouvernants. Notre gouvernement joue sur ça : faire croire aux gens que les moyens sont mis. C’est faux : aujourd’hui, 80 % des Ehpad sont en déficit et les hôpitaux cumulent 3 milliards de dette, les moyens…
Auteur: Pauline Mussche

