Portrait d'un Dénisovien © Benoît Clarys

Les Dénisoviens, la lignée fantôme

Série d’été « Homo avant Sapiens » 1/6 – Vieux d’environ 40 000 ans, les rares fossiles de nos ancêtres dénisoviens n’auraient jamais été identifiés sans les progrès de la paléogénétique. Leur attribution à une nouvelle espèce humaine témoigne aussi d’un changement de paradigme dans la recherche.

Cet article est paru à l’origine dans la revue Carnets de science n° 17

Une phalange d’origine inconnue, petit bout d’os ayant probablement appartenu à l’auriculaire d’un humain préhistorique. C’est ce que des archéologues russes trouvent en 2008 en fouillant la grotte de Denisova dans la région de l’Altaï, au sud de la Sibérie. Le site était étudié depuis une cinquantaine d’années au moins, quelques restes humains avaient même été découverts – des os, des bracelets… « On avait aussi des traces de fabrication d’outils et d’habitat, vieilles d’environ 50 000 ans et attribuées à Neandertal, des sites autour de cette grotte ayant livré des humains de Neandertal », renchérit la paléoanthropologue Silvana Condemi, du laboratoire Anthropologie bio-culturelle, droit, éthique et santé, à Marseille, coautrice de L’Énigme Denisova (Albin Michel, 2024).

Mais deux ans plus tard, une analyse génétique de la phalange donne des résultats inattendus. « Première surprise : l’ADN est exceptionnellement bien préservé, souligne la biologiste Eva-Maria Geigl de l’Institut…

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