« Je veux que vous donniez tout pour les cinq dernières minutes ! » En haut d’une colline du parc du Héron, à Villeneuve-d’Ascq (Nord), Olivier Harduin s’époumone. Enseignant à l’université de Lille, il est le chef d’orchestre du club Métropole Trail Nature Villeneuve-d’Ascq. Depuis quatre ans, près de 200 coureurs s’y retrouvent chaque semaine pour s’entraîner et défendre une valeur forte : la protection de l’environnement.
« C’est la base de notre engagement, insiste-t-il. On veut avoir un impact sociétal réel et minimiser notre empreinte carbone. » Recyclage de chaussures et de bâtons de trail, achat de chaussettes fabriquées à 15 km de là, à Roubaix, limitation volontaire du nombre d’adhérents… « On est un peu les gardiens du temple de l’esprit trail de proximité avec la nature », sourit-il.
Ces valeurs sont loin d’être partagées par tous les acteurs de la course à pied en milieu naturel. Porté par les réseaux sociaux et l’essor des courses du circuit UTMB World Series — une série d’ultratrails organisés partout dans le monde —, le trail est pratiqué par plus de 1,4 million de personnes en France, selon la Fédération française d’athlétisme. Considéré comme « un sport de masse » par l’Observatoire du running 2025, il séduit surtout les catégories socioprofessionnelles supérieures, entraînées dans une « quête existentielle de la démesure et de l’envie d’ailleurs », observe le sociologue Olivier Bessy, auteur de Courir sans limites (à paraître), interviewé par Reporterre.
Des séjours trail all inclusive à l’autre bout du monde
Pour répondre à ces désirs d’aventure, influenceurs et agences de voyages se sont engouffrés dans la brèche, promouvant un tourisme sportif de plus en plus éloigné des valeurs fondatrices du trail. Soit simplicité, sobriété, et respect de la nature, comme l’indique l’Association internationale…
Auteur: Clément Gousseau

