Tout le monde sait que l’Éducation Nationale est en lambeaux, détruite par des décennies de néolibéralisme. Depuis 2022, les salles de classes ne sont plus suffisamment chauffées l’hiver pour faire des économies. Dans certains établissements de quartiers populaires, qui sont des passoires thermiques, les cours se font en manteau quand il fait trop froid. Et c’est quand le chauffage fonctionne encore : en janvier dernier à Toulouse, des enseignants de maternelle ont dû exercer leur droit de retrait car il faisait 5°C dans les classes. En été, ce sont les températures suffocantes, sans climatisation ni isolation, qui empêchent de travailler : il a fait jusqu’à 36°C en mai et juin dernier dans de nombreuses salles de collèges et lycées : impossible d’apprendre ou de rédiger une épreuve.
Globalement, le bâti scolaire est à l’abandon, quasiment jamais rénové. 18% des locaux ont des moisissures, soit des milliers d’établissements, et cela peut avoir des conséquences sur la santé du personnel comme des élèves. Dans le même registre, 5.000 écoles contiennent encore de l’amiante.
Chaque année, des postes d’enseignants sont supprimés : 4.000 cette rentrée, 1.500 programmés l’an prochain. Des cours ne sont pas assurés dans un établissement sur deux faute de profs. Cela donne aussi des classes à 36, voire plus, où le suivi individuel est impossible, ce qui aggrave les inégalités scolaires et pénalise celles et ceux qui ne peuvent pas apprendre chez eux.
Côté personnel, c’est l’hécatombe : un enseignant sur deux est en burnout. En 2025 il y a eu 49 suicides de professeurs, presque deux fois plus que de policiers, qui ont pourtant accès à des armes. C’est une tragédie dont personne ne parle. Les enseignants français sont aussi parmi les moins bien payés d’Europe.
Et puis il y a tous les scandales locaux qui n’attirent pas l’attention : un lycée de Bagnolet qui n’a plus…
Auteur: B
