« Les droits de la défense sont en danger » alerte Jacqueline Laffont. L’avocate pénaliste estime que nous sommes entrés dans « une ère de la victimisation ». Les mots sont forts : « Les médias et l’opinion publique se sont immiscés dans des procès sans règles de droit. Aujourd’hui on est dans une vision binaire des choses, on est du bon ou on est du mauvais côté. La discussion et la nuance sont devenues impossibles sur certains sujets. Si on défend la justice, on est taxé de ne pas défendre des causes nobles et justes comme la parole des femmes. Au prétexte de combats légitimes, des droits sont mis en danger » avance Jacqueline Laffont.
Sur l’imprescriptibilité des crimes sexuels, elle porte aussi une parole à rebours de l’air du temps. « Les règles de prescription ont déjà été considérablement rallongées en matière de crime sexuel. Les femmes ont un temps long pour déposer plaintes. Ce qu’il faut c’est inviter les victimes à déposer plainte au plus vite. La seule solution pour régler ça, c’est la justice ».
« Les politiques sont très malmenés, on ne peut pas dire que leur défense soit facile à exercer. »
Elle assume aussi un devoir de pédagogie aussi sur le rôle de la défense et du métier d’avocat pénaliste. « Nous sommes l’un des deux plateaux de la balance. Sans défense forte, il n’y a pas de bon procès, ni de bonne vérité judiciaire », estime Jacqueline Laffont. La défense des clients…
Auteur: Agathe Alabouvette

