Depuis des générations, la rivière Jacques-Cartier est une destination prisée des pêcheurs amateurs en quête de sensations fortes.
Sillonnant les paysages époustouflants du parc national de la Jacques-Cartier, au nord de la ville de Québec, cette rivière froide et limpide est depuis longtemps appréciée pour sa sérénité et sa beauté naturelle.
La rivière Jacques-Cartier offre aussi la possibilité d’attraper l’un des poissons indigènes les plus emblématiques du Canada : l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), communément appelée truite mouchetée, une espèce d’eau froide très prisée non seulement pour sa combativité à la ligne, mais aussi pour sa chair délicate et savoureuse.
Depuis une dizaine d’années, de plus en plus de pêcheurs de la région constatent une évolution de leurs prises.
Au lieu de l’omble de fontaine tant apprécié, ils récoltent de plus en plus la ouitouche (Semotilus corporalis), une espèce indigène de l’est de l’Amérique du Nord, qui étend son aire de répartition vers le nord.
La ouitouche gagne du terrain
Bien que la ouitouche ait toujours existé dans certaines régions du Québec, ce poisson est de plus en plus commun dans les réseaux fluviaux de la rive nord du fleuve Saint-Laurent, autrefois dominés par l’omble de fontaine.
Pour de nombreux pêcheurs, cette évolution est mal accueillie. En effet, les ouitouches sont généralement moins appréciées en raison de leur structure osseuse, ce qui les rend plus difficiles à nettoyer et à manger.
La présence croissante de ouitouches dans la rivière Jacques-Cartier a suscité des inquiétudes chez les pêcheurs et les gestionnaires de la faune.
Face à ce problème, l’équipe de la conservation du parc national de la Jacques-Cartier a lancé une étude scientifique en collaboration avec le Centre Eau Terre Environnement de l’INRS, afin de comprendre les implications de ce changement.
Notre étude vise à…
Auteur: Eva Enders, professeure d’écologie de poisson, Institut national de la recherche scientifique (INRS)

