L’éducation est la réponse aux différentes crises que traverse le Moyen-Orient, et les écoles francophones ont un rôle fondamental à jouer pour offrir de meilleures perspectives aux jeunes dans ces pays. C’est la conviction forte qu’ont voulu affirmer les organisateurs du 5e colloque sur l’enseignement catholique et la francophonie organisée par l’Œuvre d’Orient, qui se tenait au Caire les 6 et 7 février, dans une conférence de presse en marge de l’événement.
Ni « soft power postcolonialiste » ni nostalgie du « passé de congrégations religieuses venues s’établir au Moyen-Orient », ce réseau, qui scolarise 400 000 élèves dans la région, entend « aider les jeunes dans la manière dont ils pourront conduire leur vie et leur permettre de rester dans leur pays s’ils le désirent », a fait valoir Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient.
Chrétiens minoritaires
Au Moyen-Orient, de nombreuses écoles chrétiennes souffrent de la fragilité des systèmes politiques actuels, en particulier au Liban, à Gaza ou en Syrie, et du contexte de crise économique qui sévit dans la région, a expliqué le père Youssef Nasser, secrétaire général de l’enseignement catholique au Liban. Mais elles doivent en plus faire face au statut de plus en plus minoritaire des chrétiens : « ils sont mis dans l’obligation de vivre avec les autres dans une société un peu étrangère à leur culture », a-t-il développé.
Autre point noir : la tentation de l’émigration toujours présente dans la communauté chrétienne : « Selon un questionnaire que nous avons distribué aux élèves de terminale dans les écoles francophones, la moitié d’entre eux veulent aller à l’étranger pour leurs études et pour chercher à y construire une vie plus digne ». Une situation qui a pour corollaire la pénurie d’enseignants prêts à donner un témoignage de vie chrétienne, en s’engageant dans ces…
Auteur: Sophie le Pivain

