Gaillac (Tarn), reportage
Ils ont beau savoir depuis longtemps qu’elles seront demain encore plus fortes et plus fréquentes, les Écologistes ne sont pas pour autant immunisés contre les chaleurs extrêmes. À Gaillac, dans le Tarn, la quatrième édition de leurs universités des ruralités écologistes (URE) a été largement bousculée le weekend du 27 au 29 juin : 39 °C en journée, salles municipales surchauffées et des invités contraints d’annuler au dernier moment faute de train…
« Maintenant vous savez ce que c’est pour nous de monter à la capitale ! » lance un brin malicieux Bruno Roturier, l’une des forces vives de l’organisation, à ses camarades venus de toute la France. Lui vient d’un petit village du Tarn, où « pendant longtemps ma parole écolo n’était pas prise au sérieux. Mais là, avec cette vague de chaleur, les gens voient bien que certaines vérités qu’on leur dit depuis des années sont vraies. »
300 participants au total, essentiellement adhérents écologistes, sont venus pendant trois jours assister à une pléthore d’ateliers : petites lignes de train, crise viticole, déserts médicaux, extractivisme, violences sexistes et sexuelles et vies LGBTQIA+ en campagne… Et pour amener plus de convivialité, ils et elles étaient accueillis par un « banquet des transitions » végétarien.
Une manière de sortir du format classique des meetings, mais pas de l’apprentissage descendant. Le focus était d’abord mis sur la parole scientifique avec un défilé de mini-exposés pointus sur la microbiologie des sols ou la gouvernance de l’eau, suivis des plus classiques prises de paroles d’élus et militants venus témoigner.
Benoît Biteau a ainsi honoré la mémoire de Rémi Fraisse, tué à quelques kilomètres de là en 2014 par des gendarmes mobiles, dans une lutte pour sauver une zone humide. À Sivens, comme à Sainte-Soline, « on ne ressort pas indemne de ces…
Auteur: Elsa Souchay

