Depuis son bureau à St. James the Apostle, une église anglicane vieille de 160 ans située au centre-ville de Montréal, le révérend Graham Singh nous parle d’impôts. « Les églises n’aiment pas parler d’argent. Elles font presque semblant d’être pauvres ». En fait, comme il le souligne, les églises chrétiennes d’Amérique du Nord constituent la plus grande catégorie de propriétaires fonciers du secteur caritatif.
Nous nous sommes entretenus avec Singh dans le cadre de notre recherche anthropologique en cours sur la relation complexe entre la religion et l’argent public au Canada. Depuis le début de l’année 2023, nous suivons les efforts de Singh pour rebaptiser St. James en St. Jax, une église qui abrite non seulement des fidèles, mais aussi des dizaines de groupes et d’activités communautaires laïques. L’élément central de sa stratégie consiste à transformer l’exonération de l’impôt foncier sur le bâtiment en subventions au loyer pour les organisations sociales, dans un marché immobilier qui met à mal les organisations locales à but non lucratif.
De nombreux Canadiens ne savent pas que les propriétés religieuses sont exonérées d’impôt. Cependant, ce privilège est de plus en plus débattu alors que la religion organisée recule et que de nombreuses villes sont confrontées à une crise imminente de l’accessibilité.
Une enquête de la commission sénatoriale de 2019 sur le secteur caritatif a préservé le statu quo, mais pour combien de temps ?
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L’économie au-delà des chiffres
Les critiques affirment que les exemptions d’impôts ecclésiastiques représentent des millions de recettes perdues que les municipalités pourraient utiliser pour résoudre des problèmes sociaux urgents, tels que le logement…
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Auteur: Sam Victor, Research Fellow, Department of Anthropology, McGill University

