De nouveaux modes de production agricole, plus respectueux de l’environnement, se développent. Comment les élèves y sont-ils formés et quelle attitude adoptent-ils face aux transformations de leur métier ?
Les grandes manifestations agricoles sont souvent l’occasion de communiquer sur les actions s’inscrivant dans le cadre de la dynamique de la « transition agroécologique ». D’ailleurs, lors du dernier Salon de l’agriculture à Paris, Oupette, égérie de l’édition de 2025, et son propriétaire, Alexandre Humeau, n’ont pas été choisis par hasard : l’exploitation de ce dernier est engagée dans une démarche d’agriculture de conservation consistant à réduire l’usage des produits phytosanitaires grâce à une couverture végétale du sol et par l’action des vers de terre.
Au-delà des stratégies de communication, les formations qui préparent au métier d’agriculteur intègrent-elles réellement davantage de savoirs agroécologiques ? Et comment ces évolutions sont-elles perçues par les jeunes ?
Enseigner à produire autrement : une injonction politique
Depuis les années 1960, l’enseignement agricole a été soumis aux objectifs imposés par le ministère de l’agriculture, en matière de politique agricole et sur le plan environnemental. Mais c’est surtout à la suite du Grenelle de l’environnement, en 2007, que le ministère de l’agriculture a développé des programmes d’apprentissage visant à « produire autrement ».
Cela conduit essentiellement à intégrer dans les enseignements pratiques en lycée agricole des modes de production et des techniques de culture dites alternatives, qui relèvent de l’agriculture de conservation, mais également l’agriculture biologique par l’intermédiaire des exploitations agricoles des lycées agricoles publics (l’équivalent des ateliers technologiques des lycées professionnels). Toute exploitation agricole doit désormais s’orienter vers…
Auteur: Joachim Benet Rivière, Sociologue de l’éducation et de la formation, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

