Montpellier (Hérault), reportage
Ils ont bravé la pluie pour défendre le solaire. Une centaine de salariés travaillant pour des entreprises d’énergies renouvelables se sont réunis, le 10 février, devant la préfecture de Montpellier — tandis que d’autres manifestaient à Paris. Sur leurs pancartes ruisselantes, des messages d’alerte : « Détruire la filière, c’est détruire notre avenir. »
« Les non-décisions du gouvernement menacent nos emplois », dénonce Éric Honville, l’un des porte-parole du rassemblement, organisé par treize comités sociaux et économiques (CSE) d’entreprises du secteur. Au cœur des inquiétudes, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui doit fixer des objectifs précis pour chaque filière : éolien, photovoltaïque, nucléaire…
Attendue depuis 2022, maintes fois reportée, elle pourrait finalement être dévoilée « en fin de semaine » par décret, selon les dires du Premier ministre, Sébastien Lecornu. « Parmi les scénarios sur la table, certains correspondent à des moratoires, autrement dit à un arrêt du développement des renouvelables », précise Florence Vollaro, également porte-parole de la mobilisation.
Selon France Renouvelables, le lobby du secteur, une trajectoire énergétique revue à la baisse pourrait entraîner « la destruction de 30 000 à plus de 40 000 emplois » en fonction des scénarios retenus. Les énergies vertes emploieraient, directement ou indirectement, quelque 118 000 personnes en France.
Pas de quoi rassurer les salariés de Valorem — un poids lourd de quelque 520 employés —, groupés sous leur parapluie. « On voit des ralentissements spectaculaires dans la réalisation des projets, des plans de restructuration, des licenciements, détaille Aurélie, gilet orange enfilé sur son K-way. On subit la léthargie et les aléas de nos politiques. »
« C’est le climat qui trinque »
Les macronistes n’ont en…
Auteur: Lorène Lavocat

