Les enfants afghans grandissent sous l’emprise de l’idéologie talibane

Au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Afghanistan a dressé mardi le portrait d’un pays où la « doctrine talibane » s’immisce jusque dans l’intimité. Le pouvoir intervient dans les mariages, encadre la pratique religieuse, dicte les vêtements autorisés et réduit sans cesse l’espace dans lequel chacun peut s’exprimer.

Derrière cette accumulation d’interdits, Richard Bennett voit une mécanique plus vaste : un système de discrimination et de domination fondé sur le genre, devenu l’un des piliers du pouvoir des Talibans. Ce « régime institutionnalisé et systématique de discrimination, d’oppression et de domination » entraîne des conséquences « profondément intergénérationnelles ».

Dans cet « apartheid du genre », les jeunes générations risquent d’en subir durablement les conséquences. « Les politiques des Talibans ont donc de l’importance non seulement en raison du mal qu’elles causent aujourd’hui, mais aussi en raison de la société qu’elles créent pour demain », a averti M. Bennett.

UNICEF/Dragaj
Une jeune fille regarde à travers un cadre de fenêtre sans panneaux dans une clinique de Kaboul, en Afghanistan (archives)

« La peur, les larmes et le désespoir »

Une jeune fille de Balkh a résumé son quotidien en trois mots : « la peur, les larmes et le désespoir ». Une formule que le Rapporteur spécial dit avoir retrouvée, sous différentes formes, dans les témoignages d’enfants et d’adolescents à travers le pays.

Ces témoignages donnent un visage à une génération particulièrement exposée aux conséquences de cette politique discriminatoire. Or, 46 % des Afghans ont moins de 15 ans et les deux tiers de la population moins de 25 ans. Pourtant, les autorités de facto refusent toujours de…

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Auteur: Nations Unies FR