« Les Enfants de Médée » : le meurtre à hauteur d’enfant



Les Enfants de Médée, les 24 et 25 mai au Tandem, scène nationale de Douai (59) Également du 31 mai au 2 juin au Wiener Festwocher à Vienne (Autriche) et les 29 et 30 juin à la Biennale de Venise (Italie).

Depuis son entrée en terre antique en 2019, Milo Rau fait régulièrement de la tragédie grecque le terrain des opérations de son concept du « réalisme global ». Autrement dit, dans Oreste à Mossoul, dans Antigone in the Amazon (2023) comme aujourd’hui dans Les Enfants de Médée qui vient clore ce triptyque, le metteur en scène suisse fait du matériau ancien l’une des bases d’un théâtre dont « le but n’est pas la représentation du réel, mais de rendre la représentation elle-même réelle (1) ». On ne s’étonne donc guère que la dernière pièce, créée en avril au NTGent, dont il a été l’inventif et engagé directeur de 2018 à 2023 et dont il reste artiste associé, commence par la fin.

En venant s’asseoir sur six chaises alignées devant le rideau de scène, accompagnés par leur superviseur Peter Seynaeve – en alternance avec Lien Wildemeersch –, également présent pendant tout le processus de création, les six interprètes âgés de 8 à 14 ans font théâtre de ce qui en principe marque le retour au réel après un spectacle : le bord de plateau.

Entre mythe et réalité

Ce procédé de retournement du Médée d’Euripide n’est guère fait pour donner à croire au spectateur à la fin d’un spectacle qui n’a pas commencé. On a beau connaître l’audace de Milo Rau, son acharnement à toujours questionner les limites de son art, il confère à celui-ci une telle mission – il s’agit pour lui de changer le monde – qu’on ne peut le soupçonner de tout vouloir liquider. Il y a bien quelque…

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Auteur: Anaïs Heluin

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