Le nombre d’adeptes du vélo pour les déplacements quotidiens augmente en France depuis plusieurs années… sauf chez les enfants, où la tendance est diamétralement opposée. C’est ce qui ressort d’une enquête de grande ampleur — un questionnaire envoyé à 5 000 parents de France hexagonale et 500 parents résident dans les départements et régions d’outre-mer, ainsi que 500 jeunes de 18 à 20 ans — publiée début septembre par l’Agence pour la transition écologique (Ademe).
Le vélo n’a pas totalement perdu la cote auprès des enfants : la plupart sont équipés à l’âge des premiers coups de pédales (85 % des personnes interrogées possèdent un vélo pour leur enfant). Le biclou est même plébiscité comme objet de loisir ou de sport. Mais le taux d’équipement diminue fortement à mesure que les enfants grandissent et le vélo est de moins en moins utilisé comme un mode de transport.
Au collège, le vélo ne représente que 4 % des trajets entre le domicile et l’établissement scolaire, dans l’hexagone, et 8 % des déplacements extrascolaires, indique l’Ademe. Et la tendance est au recul de la « part modale » du vélo, c’est-à-dire la proportion des trajets effectués avec ce mode de transport, à en croire les données recueillies par l’Insee sur la mobilité :
Chloé Charrat, chargée de plaidoyer à la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), connaît bien ce phénomène, constaté dans la plupart des pays occidentaux depuis plusieurs décennies. « On observe en moyenne deux enfants par classe de CM2 qui ne savent pas faire de vélo. Ce sont des chiffres que nous n’avions pas du tout il y a encore quelques années. »
L’Union Sport & Cycle, qui publie chaque année des chiffres de vente de vélos, observe une chute vertigineuse des ventes de vélos pour enfants. Il s’en écoulait près d’un million en 2018 et seulement 590 000 en 2024. « Les premiers vélos…
Auteur: Erwan Manac’h

