Les enjeux sécuritaires de la Coupe du Monde au Qatar

Régime « rentier, oligarchique et clientéliste »), le Qatar a, comme l’explique le chercheur Danyel Reiche, mis en place une politique de soft power par le sport. Celle-ci, initiée à partir de 1995 après la prise de pouvoir du cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, a été renforcée en 2008 par la Qatar National Vision 2030, un programme ayant pour objectif à la fois de renforcer la sécurité nationale et de garantir le maintien au pouvoir de la famille régnante.

C’est dans ce cadre que, du 20 novembre au 18 décembre (jour de fête nationale), le Qatar accueillera la 22e Coupe du monde FIFA. De vives polémiques ont agité les années séparant l’attribution de la compétition (2010) – controversée et entachée de soupçons de corruption – de son organisation. Ces polémiques portent notamment sur le coût des travaux estimé à 200 milliards de dollars ; sur l’empreinte écologique de l’événement, bien que ce sera le Mondial géographiquement le plus ramassé depuis le tout premier, organisé en 1930 à Montevideo ; sur les conditions de travail sur les chantiers, quasi esclavagistes et le nombre de décès d’ouvriers, pointés en particulier par une enquête du Guardian… Liste non exhaustive.

Toutes ces questions sont tout à fait pertinentes mais, à l’approche du Mondial, d’autres interrogations importantes émergent, ayant trait à l’accueil des supporters, ainsi qu’à la sécurité globale.

Un afflux de touristes inédit

Le Qatar accueillera durant la Coupe du Monde près de 1,5 million de touristes, pour une population totale de 2,9 millions de personnes (dont 90 % d’immigrés, parmi lesquels Gianni Infantino, le président de la FIFA, qui s’y est récemment installé !), sur un territoire équivalent à la région Île-de-France.

Ce Mondial est un important enjeu touristique pour un pays qui accueillait près de 3 millions de touristes par an au milieu des années 2010 (avant le blocus de 2017 et la crise du Covid) Ces supporters se concentreront sur un périmètre très réduit : sept des huit stades se trouvent à Doha ou dans un rayon de 20 km (à Al-Rayyan et Al-Wakrah), et seulement 75 km séparent le stade le plus au Nord (à Al-Khor) de celui le plus au Sud (à Al-Wakrah).

La première partie de la compétition (du 21 novembre au 2 décembre) sera très sensible puisque la phase de poules verra se jouer 48 rencontres, soit quatre par jour, impliquant des déplacements massifs et incessants de huit cohortes de supporters, au contraire des Coupes précédentes où seuls deux équipes et leurs fans se trouvaient simultanément dans une même ville.

La gestion des flux des foules sera donc un gros enjeu. Helmut Spahn, le directeur de la sécurité de la FIFA, estime que 350 000 supporters seront réunis en même temps à Doha, mais se montre toutefois…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Michel Raspaud, Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes (UGA)

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