Les énormes besoins en sable de l'industrie du ciment font peser une pression délétère sur les écosystèmes

Une semaine de blocages du secteur de la construction s’ouvre en Île-de-France, ce 29 juin. Elle vise à mettre en lumière « tous les maillons de la chaîne de cette industrie, la pollution et la destruction qu’elle engendre », expose Leah, coordinatrice des Soulèvements de la Terre, une campagne nationale regroupant une centaine d’organisations et de collectifs, à l’origine de l’initiative. Le premier maillon de cette chaîne ? Le sable. « Très peu de personnes savent que pour faire du béton, il faut du sable… C’est méconnu du grand public » poursuit celle qui est également membre d’Extinction Rebellion.

C’est la raison pour laquelle, un camp de rencontres et d’actions s’est tenu du 19 au 21 juin à Saint-Colomban, en Loire-Atlantique – toujours dans le cadre des Soulèvements de la Terre. Dans cette commune, deux carrières de sable sont exploitées par deux géants du secteur depuis près de vingt ans : Lafarge, avec 49 hectares et GSM (du groupe allemand HeidelbergCement), avec 65 hectares. À elles deux, ces entreprises extraient pas moins de 750 000 tonnes de sable par an. Mais voilà : elles arrivent au bout de leurs possibilités d’exploitation, et souhaitent s’étendre, dès 2022. Rien n’est encore officialisé, mais « on voit des plans circuler, des réunions pour préparer les riverains… C’est toujours la même technique : tout se prépare en sous-main pour que cela se fasse » observe Sylvain Jallot, cofondateur de l’association locale La Tête dans le Sable. « Les premiers dossiers officiels devraient être déposés cet été ».

« GSM et Lafarge ? Ce sont des prédateurs du sable »

Cette course à l’extension extractive se déroule aussi en Indre-et-Loire, dans le village de La Celle-Saint-Avant. Déjà implantée sur cette petite commune, GSM projette d’ouvrir un nouveau site d’extraction de sable de 25 hectares, pour une durée de 25 ans, avec une production moyenne de 90 000 tonnes par an. La première enquête publique pour demande d’autorisation environnementale s’est achevée fin mars. Le conseil municipal lui a donné un avis favorable. Une seconde enquête vient de démarrer, concernant la modification du PLU (plan local d’urbanisme) : elle s’achèvera mi-juillet.

« GSM et Lafarge ? Ce sont des prédateurs du sable », tranche Jean-Claude Mercier, fondateur du collectif citoyen Graine de Celle-Saint-Avant 37, propriétaire de terres agricoles sur la commune et ancien ingénieur. Les espaces sur lesquels la nouvelle carrière s’implanterait…

La suite est à lire sur: www.bastamag.net
Auteur: Maïa Courtois

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