En quelques minutes, une trombe d’eau tombe du ciel. Les crues rapides font partie des intempéries les plus spectaculaires et les plus meurtrières également.
Le bilan des dernières inondations foudroyantes de ce type, liées à la dépression Monica, est ainsi passé à sept morts dans le département du Gard et de l’Ardèche.
L’occasion de revenir sur le danger souvent mal conscientisé que représentent ces intempéries vouées à devenir de plus en plus fréquentes avec Isabelle Ruin,, socio-hydrologue au CNRS, spécialiste de la perception du danger et auteure d’une thèse sur le comportement des automobilistes lors de crues rapides.
À chaque épisode de crues rapides, les automobilistes font partie des premières victimes, comment expliquer cela ?
Les crues rapides surviennent du fait de précipitations intenses, souvent localisées et de courtes durées qui provoquent des ruissellements impressionnants affectant particulièrement le réseau routier. De plus, de nombreux départements du sud de la France affectés par ces épisodes de précipitations intenses présentent des paysages vallonnés maillés de nombreux petits torrents à peine visibles et dispersés dans le paysage qu’entrecoupent de nombreux itinéraires routiers. Dans des départements comme le Gard, les Alpes Maritimes, l’Hérault, le relief et l’augmentation des surfaces urbanisées imperméables favorisent ainsi l’accélération des vitesses d’écoulement augmentant encore la capacité destructrice de l’eau.
Ces intersections et promiscuités entre réseau routier et réseau hydrographique sont autant de lieux sensibles où des automobilistes effectuant leurs trajets habituels peuvent se faire surprendre par une montée rapide de l’eau. Ainsi l’exposition des populations à ce type d’événement ne se limite pas aux lieux d’habitation ou de travail, mais elle est d’autant plus forte sur les routes car les voitures et leurs passagers sont très…
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Auteur: Isabelle Ruin, Chercheuse, CNRS, Institut des Géosciences de l’Environnement, Université Grenoble Alpes (UGA)

