Les États-Unis, longtemps la puissance hégémonique incontestée, se trouvent aujourd’hui à un tournant critique.
Un déclin progressif, amorcé depuis plusieurs décennies, a connu une accélération sous la présidence de Donald Trump. Sa doctrine « America First », caractérisée par un unilatéralisme agressif, a non seulement affaibli les alliances historiques des États-Unis, mais a également sapé les institutions multilatérales, provoquant des fractures dans l’ordre mondial.
Bien que l’administration Biden ait tenté de rétablir certaines alliances, ses efforts n’ont pas suffi à enrayer cette dynamique.
La deuxième présidence Trump semble creuser ces tendances vers un repli sur soi. Le jour même de son assermentation, Trump a annoncé le retrait de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’Accord de Paris.
(AP/Noah Berger)
Cette stratégie augmente les risques liés à deux concepts clés en science politique : le piège de Thucydide et le piège de Kindleberger.
Ces deux pièges, que j’exposerai ci-bas, forment un cocktail explosif pour l’instabilité géopolitique et économique mondiale.
À titre de professeur de relations internationales, je m’intéresse depuis de nombreuses années aux tensions sino-américaines, sujet [au cœur de ces bouleversements.
Concurrence féroce et vide de leadership
Mes travaux explorent les transformations du leadership mondial à travers le prisme des relations entre ces deux grandes puissances. Ces tensions sont particulièrement pertinentes pour comprendre les dynamiques actuelles, marquées par une compétition féroce et un vide de leadership grandissant.
Le piège de Thucydide décrit le risque de conflit entre une puissance dominante…
Auteur: Érick Duchesne, Professeur, Département de science politique, Université Laval

