Les États-Unis, plus gendarmes du monde que jamais

Qui peut croire que les États-Unis ont renoncé à être les gendarmes du monde ? Ils le sont sans doute plus que jamais. C’est la méthode qui a changé. Les droits de douane ont remplacé les bombes. Mais si l’Amérique de Trump fait moins la guerre, elle sème la mort autrement. La génération qui avait dix-huit ou vingt ans en 1968 s’est construite contre la guerre américaine au Vietnam. Elle a détesté les États-Unis de Johnson et de Nixon, qui ne se cachaient pas de vouloir imposer leur loi sur toute la planète. Le délinquant était le « communiste ». On le voyait partout, et ce sont les populations civiles que l’on massacrait. Le napalm, My Laï…

Trump lâche-t-il son ami avec qui il partage une vision ultra-réactionnaire de la société, et une haine de l’Europe ?

Le naturel est revenu au galop en 2001 et 2003 avec George W. Bush, en Afghanistan et en Irak. Le gendarme prétendait redessiner le Moyen-Orient. Avec Donald Trump, on nous promettait que tout allait changer. On le disait isolationniste. L’Amérique allait se retirer sur son Aventin. On n’avait pas prévu que le ressac allait être un tsunami. Car le gendarme est toujours là, omnipotent. C’est désormais l’humeur d’un homme qui préside. On veut croire que ses exaspérations peuvent parfois avoir du bon. Ses déclarations, ce 14 juillet, devant le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, pourraient le laisser penser. Gardons-nous d’être trop naïfs.


Sur le même sujet : Trump et Poutine, de moins en moins seuls en Europe

En sommant Poutine de mettre fin à la guerre dans 50 jours,Trump lâche-t-il son ami avec qui il partage une vision ultra-réactionnaire de la société, et une haine de l’Europe qui incarne à leurs yeux une détestable modernité ? Pas si sûr….

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Auteur: Denis Sieffert

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