Un soutien massif et continu. Mais aussi un pouvoir, stratégique, au cœur de l’administration de Donald Trump. Les évangéliques n’ont jamais été aussi puissants à la Maison Blanche, même s’ils cohabitent, aujourd’hui, avec les catholiques identitaires incarnée par J.D. Vance, le vice-président des États-Unis.
Plus d’un Américain sur cinq se définit comme évangélique. 77 % d’entre eux ont voté pour Trump en 2016, et 84 % en 2020. Comment analyser leur influence ? Le chercheur associé au Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS) à l’EHESS, Joan Stavo-Debauge, rappelle le racisme inhérent de ce courant religieux. Il est l’auteur de Le Loup dans la bergerie : le fondamentalisme chrétien à l’assaut de l’espace public (Labor et Fides, 2012) et de John Dewey face aux fondamentalismes (Éditions de l’Université de Lorraine, 2024).
Plus d’un Américain sur cinq se définit comme « évangélique ». 77 % d’entre eux ont voté Trump en 2016, 84 % en 2020. Comment Donald Trump a-t-il progressivement conquis cet électorat ?
Les membres du mouvement évangélique étaient très disposés à embrasser un personnage comme Donald Trump. La posture masculiniste, adossée à une théologie patriarcale, est au cœur du mouvement évangélique, et elle était déjà très développée depuis longtemps. Les évangéliques sont à la recherche d’un leader puissant, qui lui-même n’a pas besoin d’être évangélique mais qui saura mobiliser les moyens nécessaires à la mise en œuvre de leurs revendications. L’historienne Kristin Kobes Du Mez l’a très bien montré dans un livre paru en 2020, Jesus and John Wayne.
L’autre donnée de fond qui a facilité le rapprochement entre le président des États-Unis et ce mouvement, c’est la place qu’occupe la théologie de la prospérité. Cette théologie valorise la richesse comme signe…
Auteur: Hugo Boursier


