Avec la fin de la trêve hivernale, le 31 mars au soir, des milliers de locataires vivent de nouveau dans l’angoisse d’une expulsion de leur logement. Elles n’ont jamais été aussi nombreuses : près de 30 500 ménages ont dû quitter leur logement avec le concours de la force publique en 2025, selon les données de la Chambre nationale des commissaires de justice (CNCJ). En un an, leur nombre a bondi de 27 %. Un chiffre sous-estimé.
La hausse du coût de la vie, et notamment des factures d’électricité et de gaz, est une raison de l’incapacité de certains ménages à payer leur loyer. « La hausse des expulsions suit la même courbe que celle des difficultés à payer ses factures d’énergie, confirme Maider Olivier. Les personnes que nous accompagnons font face à un budget contraint et avec des loyers en hausse, elles arbitrent entre leurs différentes dépenses et in fine, le loyer n’est plus payé. Avant d’en arriver là, beaucoup se sont déjà privées de se chauffer. »
Ainsi, si la loi antisquat Kasbarian-Bergé adoptée en 2023 facilite et accélère les procédures, ce record s’inscrit dans un contexte de pression croissante sur les ménages les plus précaires, marqué par la hausse des factures énergétiques et une baisse des aides. Fini le bouclier tarifaire. Quant au chèque énergie, il n’est ni augmenté, ni élargi.
Résultat : selon le dernier baromètre de l’Observatoire national de la précarité énergétique, publié cet automne : 45 % des locataires ont eu des difficultés à payer leurs factures d’énergie et ont souffert du froid chez eux, en 2024.
Passoires thermiques
Les plus précaires, en plus d’être contraints par leur budget, sont en plus surreprésentés dans les passoires thermiques. « Une passoire énergétique en location sur trois appartient au décile de ménages les plus riches, indique Damien Barbosa, coordinateur du collectif Rénovons pour le réseau Cler. Dès…
Auteur: Jeanne Cassard

