Les fausses informations nous exposent aux pollutions, aux maladies, aux incendies

« La mésinformation et la désinformation tuent. » C’est ce qu’a rappelé avec force, le 26 octobre, le scientifique et spécialiste de santé publique Diarmid Campbell-Lendrum, qui dirige les travaux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les liens entre changement climatique et santé humaine, à l’occasion du lancement du rapport Protecting Health in the Age of Climate Disinformation (Protéger la santé à l’ère de la désinformation climatique).

Rédigé par le groupe de travail de la société civile de l’OMS sur le climat et la santé, ce document d’une soixantaine de pages (en anglais) explore la manière dont les fake news des industries des énergies fossiles et leurs alliés économiques et politiques surexposent les populations aux pollutions, aux incendies et aux catastrophes climatiques, et donc aux blessures, aux maladies et à la mort. Ce, alors que les décès liés à la chaleur ont bondi de 36 % en un an, affirme le Lancet Countdown le 28 octobre.

Les événements climatiques extrêmes offrent les exemples les plus flagrants des menaces que représentent les fausses informations pour l’intégrité physique des populations. Le rapport s’appuie sur plusieurs études de cas, parmi lesquelles les inondations au Soudan du Sud ou les incendies de forêt à Maui (Hawaï) et au Canada.

Le pays à la feuille d’érable a connu en 2023 sa saison des feux la plus destructrice jamais enregistrée. Melissa Lem, médecin de famille et ancienne présidente de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, se souvient avec effarement des conséquences de la mésinformation qui a sévi pendant cette période : « Une fausse carte montrait certains incendies beaucoup plus proches de Yellowknife [ville du nord du Canada, capitale des Territoires du Nord-Ouest] que ne l’indiquaient les informations officielles. Cela a semé la panique et influencé les décisions des habitants sur le…

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Auteur: Émilie Massemin