Les méfaits de la contre-réforme des retraites sur les femmes ont largement été dénoncés : du fait des carrières incomplètes, des contrats à temps partiels, des salaires plus bas, elles seraient plus nombreuses à devoir attendre 67 ans pour ne pas avoir à subir la décote, qui réduit drastiquement le niveau de pension de retraite. Avec le système actuel, leurs pensions sont déjà inférieures de 40 % à celles des hommes.
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En 2003, une tribune contre la réforme des retraites avait été rédigée grâce aux membres de l’intersyndicale Femmes qui s’est constituée en 1997. Cependant, leur texte « Les femmes continueront à payer le prix fort ! » paru dans le journal le Monde n’avait eu alors que peu d’écho. Annick Coupé se souvient qu’à Solidaires, « le camarade qui était en charge du dossier retraites et de la rédaction de nos tracts, quand je demandais que l’on parle des inégalités vécues par les femmes, il me disait de trouver une phrase à remplacer pour surtout ne pas rallonger le texte, il fallait négocier pied à pied ! »[1]
L’idée a ensuite fait son chemin, cette question étant progressivement prise en charge par les organisations syndicales. En 2010, les effets de genre de la nouvelle réforme des retraites apparaissent plus clairement. Des publications, des tracts syndicaux reviennent spécifiquement sur les inégalités de genre de la réforme, une question qui est également intégrée dans les tracts plus généraux. En 2019-2020, Annick Coupé, ancienne porte-parole de Solidaires et secrétaire générale d’ATTAC, confiait au journal le Monde : « c’est la première fois que cette question a une telle visibilité et que l’enjeu de l’égalité hommes-femmes est devenu aussi central »[2].
En 2023, la contestation féministe s’appuie sur les acquis de ces mobilisations antérieures et les effets néfastes sur les femmes apparaissent encore plus systématiquement : les…
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