Souvent décriées lorsqu’il s’agit de stars du divertissement, les relations parasociales sont aussi un fléau de la politique à l’âge néolibéral et de l’intimité fabriquée par les réseaux sociaux. Les écueils de la « politique copine » se sont fait ressentir avec une acuité particulière lors de la campagne des législatives anticipées. Les sympathisant·es de gauche approchant la politique de manière plus informelle sont tombé·es dans l’impasse de la proximité en copinant, voire en transformant en mèmes, des femmes politiques telles que la cheffe de file écologiste, Marine Tondelier.
Le glissement de la bonne copine à la grande sœur, puis à la mère, est une réaction compulsive du patriarcat.
Si on peut prendre cette approche avec légèreté, il faut tout de même être vigilant·es sur les glissements politiques qu’elle porte. En effet, cette approche masque le fait que les femmes politiques, comme leurs collègues hommes, sont engagées dans des luttes de pouvoir, qui incluent la violence politique et des lignes idéologiques. Loin d’être féministe, cette stratégie reprend les stéréotypes reléguant les femmes et leur activité, même dans des secteurs aussi clivants que la politique. Car de la copine à la grande sœur, puis à la maman, il n’y a qu’un pas.
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Si le « bon copain » est aussi appliqué aux hommes, le glissement que j’ai cité auparavant ne s’effectue pas de la même façon. Car le lien entre le bon copain et le bon père de famille (1) ne s’effectue pas : les identités masculines existent de manière décorrélée. Le glissement de la bonne copine à la grande sœur, puis à la mère, est une réaction compulsive du patriarcat, décriée par les…
Auteur: Fania Noël

