Un quart de siècle après l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui consacrait le droit des femmes à participer aux décisions touchant à la paix et à la sécurité, le constat dressé par plusieurs responsables internationales est sévère. Alors que les conflits armés se multiplient, les femmes sont toujours tenues à l’écart des tables de négociation.
« Les femmes disparaissent des processus de paix et de médiation », a averti mercredi Sima Bahous, la directrice d’ONU Femmes, lors d’un débat sur la question organisé au Conseil. « Je suis convaincue que nous finirons tous par le regretter ».
Sima Bahous, directrice d’ONU Femmes, au Conseil de sécurité des Nations Unies (archive).
Le paradoxe est devenu difficile à ignorer. Depuis plus de deux décennies, études et retours d’expérience convergent. Les accords sont plus solides lorsque les femmes participent aux négociations. Mme Bahous rappelle que les sociétés sont généralement plus pacifiques lorsque les femmes sont en sécurité, que leur exclusion de la vie publique accroît le risque de conflit et que les mouvements de femmes contribuent à réduire la violence avant, pendant et après les guerres.
Pourtant, au moment où le monde connaît le plus grand nombre de conflits depuis la création de l’ONU, les processus de paix continuent de se négocier largement entre hommes.
Des tables de négociation toujours plus masculines
Du Soudan à l’Ukraine, de la Palestine à la République démocratique du Congo, les femmes demeurent marginalisées dans les négociations censées dessiner l’après-guerre.
Invitée à participer au débat du Conseil, Kaavya Asoka, qui dirige un groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité, est revenue sur les pourparlers de paix entamés en 2015 entre le groupe armé M23…
Auteur: Nations Unies FR

