C’est le 8 mars 1997, en résonance directe avec la journée internationale des droits des femmes, que l’aventure « Les femmes s’en mêlent » (LFSM) a officiellement démarré – vingt ans pile avant le choc salutaire du mouvement #MeToo, qui a engendré une résurgence massive du féminisme à l’échelle internationale. De taille modeste, cette édition inaugurale du festival s’est déroulée sur une seule soirée, à Paris.
« Quelque chose devait déjà planer dans l’air, se souvient Stéphane Amiel, cofondateur de LFSM et seul membre de l’équipe originelle encore présent aujourd’hui. Un festival dédié exclusivement aux artistes féminines, le Lilith Fair, a été créé au même moment aux États-Unis, à l’initiative de la musicienne canadienne Sarah McLachlan. C’est aussi une période très riche au niveau artistique pour les femmes dans la sphère des musiques actuelles. Par exemple, l’album Homogenic de Björk est sorti en 1997. »
Marquée par la révélation de figures majeures telles que Björk, PJ Harvey et Beth Gibbons (chanteuse de Portishead), la décennie 1990 a été en outre intensément secouée par la mouvance riot grrrl, constellation tonitruante de groupes états-uniens (Bikini Kill, Sleater-Kinney, L7…) propulsant un féminisme déterminé sur fond de rock strident, dans la lignée du punk.
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À ses débuts, le festival est porté par une petite équipe de bénévoles, garçons et filles, au sein de l’association Bandido. Les deux principaux instigateurs en sont Stéphane Amiel et Jean-Luc Balma, alors collègues de travail (à Canal +), tous deux partageant une passion pour les voix féminines dans la pop et le rock indé, ainsi qu’une inclination…
Auteur: Jérôme Provençal

