Beaumont-lès-Valence (Drôme), reportage
Au creux d’un vallon s’étend une remarquable mosaïque nourricière. Les vergers — pêchers, pommiers, pruniers — succèdent aux serres maraîchères. Sous le hangar tapissé de panneaux solaires, des ruches attendent la belle saison non loin du fournil à pain, tandis que des brebis paissent auprès d’une mare. À la Ferme des Volonteux, on pratique l’agriculture collective en diversité… et en emplois.
Ici, « on sort dix-sept Smic sur 30 hectares », sourit David, l’un des paysans. Le tout en bio, en circuit court et en coopérative. En pleine crise agricole, le succès de ce projet drômois constitue un contre-exemple à l’industrialisation du secteur. « Ces fermes collectives et paysannes ouvrent de précieuses brèches dans le modèle agro-industriel », confirme Lola Keraron, ingénieure agronome déserteuse, qui a coordonné l’ouvrage collectif Terres partagées (éd. Le Passager clandestin).
Il existerait en France « une centaine de fermes collectives », selon Maëla Naël, paysanne et autrice d’un guide à ce propos. Autrement dit des exploitations de taille moyenne, diversifiées, comptant au moins trois membres non issus de la même famille. Groupement agricole (Gaec), coopérative, association… Une goutte d’eau dans un océan de monoculture et de concentration foncière. Mais un système « porteur de solutions », d’après David, arrivé aux Volonteux il y a une dizaine d’années.
Un patchwork d’activités
D’abord, le choix du collectif « facilite l’accès aux terres », indique Coline Sovran, de Terre de liens. Les fermes sont en effet de plus en plus grandes — 69 hectares en moyenne, selon l’association — et de plus en plus chères : en 2020, l’hectare s’achetait environ 6 080 euros. « Quand on n’est pas fils d’agriculteur, qu’on n’a pas de terre ni d’argent de côté, c’est difficile, voire impossible de…
Auteur: David Richard, Lorène Lavocat

