Les feux d'artifice du 14 juillet, un spectacle éprouvant pour les oiseaux

Les feux d’artifice : des spectacles éblouissants pour les humains, mais cataclysmique pour les oiseaux ? Les 13 et 14 juillet, les Français pourront se délecter de ces représentations pyrotechniques, organisées pour célébrer la fête nationale et commémorer la prise de la Bastille du 14 juillet 1789. Comme chaque année, des millions de spectateurs et de téléspectateurs regarderont celui tiré depuis la tour Eiffel.

Très appréciés par les humains, ces explosifs déflagrants sont perçus de manière très différente par l’avifaune. Lors du dernier nouvel an, des centaines d’étourneaux sont morts dans les rues de Rome (Italie). Cette hécatombe était due, selon l’Organisation internationale de protection animale (OIPA), aux nombreux feux d’artifice tirés cette nuit-là par les habitants. Les images tournées par les Romains montrent des oiseaux affolés, percutant les arbres, les arrêts de tramway et les fenêtres des immeubles.

Un feu d’artifice du nouvel an dans le Tyrol autrichien. CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons / Ximeg

En 2010, à Beebe dans l’Arkansas (États-Unis), près de 5 000 carouges à épaulettes avaient connu pareil sort la nuit de la Saint-Sylvestre. Des dizaines de détonations avaient précédé le vol erratique de ces oiseaux, reconnaissables aux taches rouges à la base des ailes, qui ont été retrouvés gisant sur le sol. En France, des oiseaux ont également succombé lors du 14 juillet à Toulouse, en 2019, ou encore à Limoges, en 2018.

Mais comment les feux d’artifice peuvent-ils provoquer pareils dégâts chez nos camarades ailés ? « Les fortes déflagrations, surtout quand elles sont soudaines, provoquent une augmentation du stress, du rythme cardiaque et de la vigilance des oiseaux », explique à Reporterre Jean-Marc Pons, ornithologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN).

Des oiseaux qui s’écrasent en fuyant

Ensuite, poursuit le scientifique, « les conséquences varient selon le contexte local » : « Dans le cas d’oiseaux très grégaires [qui vivent en nuées], comme les étourneaux et les carouges à épaulettes, une réaction de panique peut se diffuser dans tout le groupe. En temps normal, le ballet de leurs vols, en rangs serrés, est parfaitement coordonné. Mais ce sont des espèces diurnes [actives le jour], qui ont une mauvaise vision nocturne. Suite à la détonation, elles s’envolent de leur dortoir dans la précipitation, tentant de fuir le danger, mais elles n’ont pas de repères. Elles se collisionnent entre elles et…

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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre) Reporterre

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