L’épreuve mythique nait en 1903. A l’origine, le tracé faisait le tour de l’hexagone en longeant ses frontières, sur des chemins de terre cabossés et sinueux. Une étape comme Paris-Lyon pouvait faire près de 500 km de long. Pour Michel Moyrand passionné du tour, les coureurs de l’époque sont de véritables forçats de la route, vu comme des « des héros, des surhommes ». A l’image d’Eugène Christophe, coureur qui cassât sa fourche en 1913 et la répara lui-même dans une forge, après avoir parcouru 14 km à pied en portant son vélo.Jean-François Mazan, petit-fils du coureur Lucien Petit-Breton, explique : « En 1907, pour être coureur, il fallait être issu de la classe ouvrière, quelqu’un qui avait l’habitude de l’effort et qui devenait une bête de somme ».
Symbole de la France rurale et populaire, le Tour est aussi vu comme un facteur d’intégration à la communauté nationale. A l’époque le Tour est déjà le symbole d’une France oublié. C’est généralement ce qu’on retient encore aujourd’hui de cette course unique, l’évènement sportif le plus regardé à travers le globe après la Coupe du Monde de football masculin et les Jeux olympiques.
Avec la Première Guerre Mondiale, « les forçats de la route deviennent des soldats de la Nation » raconte le film, reprenant une expression d’Albert Londres. En 1918, après la victoire française, le retour de l’Alsace et de la Lorraine dans la Nation est symbolisé…
Auteur: Mathieu Terzaghi

