« Les financements publics ne suffisent pas »

La Fondation Bettencourt-Schueller soutient de longue date les recherches du professeur Guillaume Canaud. Pourquoi ?

Le principal critère, c’est l’excellence de la recherche. Pour sélectionner les lauréats, nous nous appuyons sur notre comité scientifique et une expertise externe. Dès 2013, Guillaume Canaud a remporté notre prix jeune chercheur pour son travail sur l’insuffisance rénale (25 000 €) puis en 2019, un prix pour ses recherches sur le syndrome de Cloves (300 000 € sur trois ans). Un investissement destiné à comprendre les mécanismes qui sous-tendent le développement de cette maladie rare. À la Fondation, nous sommes également attentifs aux candidats ayant un double cursus médecin et chercheur, un atout important.

Dans la recherche française aujourd’hui, les soutiens publics ne suffisent pas ?

Non, et c’est particulièrement vrai dans le domaine « biologie-santé » – la recherche y est moins financée que dans les mathématiques ou la physique, par exemple. Il est donc important que des acteurs privés viennent compléter l’action de l’État. D’autant que les fonds publics peuvent être irréguliers. Il arrive que la Fondation « bouche les trous » entre deux financements, notamment lorsque des salaires de chercheurs sont en jeu, pour éviter de fragiliser les laboratoires. Nous veillons à nous adapter aux besoins.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Nous avons créé le prix Impulscience, destiné aux chercheurs en milieu de carrière. Car c’est là, sans doute, que les besoins sont les plus importants : en France, il y a de l’argent pour démarrer et lorsque vous êtes un chercheur senior. Mais c’est plus difficile entre les deux. Or c’est une période décisive : un laboratoire doit tenir, faire ses preuves, publier, sans être encore reconnu. Chaque année, le prix récompense 7 chercheurs, à hauteur de 2,3 millions d’euros pour cinq ans.

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Auteur: Recueilli par Marine Lamoureux