Les fonds spéculatifs (hedge funds) activistes comme Third Point, Elliott Management ou CIAM font régulièrement la une de la presse pour leur rôle de « poils à gratter » sinon de « vautours de la finance ». Leur stratégie est d’obtenir des résultats très rapidement en mettant la main sur des entreprises dont ils pensent pouvoir doper les performances en n’opérant que de menus changements.
Plusieurs études mentionnent leur contribution à la bonne santé financière des sociétés ciblées malgré leur orientation court-termiste. D’autres mettent en exergue des effets négatifs sur les rendements obligataires. Ces résultats reposent cependant souvent sur des faiblesses méthodologiques.
Le débat autour de ces fonds s’est intensifié en raison de la montée des campagnes activistes initiées par les fonds spéculatifs au cours des deux dernières décennies, ceux dirigés par exemple par Carl Icahn (Icahn Enterprises), Paul Singer (Elliott Management) ou Daniel Loeb (Third Point). Ils se coordonnent parfois, un modus operandi que Wall Street a surnommé « meutes de loups ».
Souvent domiciliés aux États-Unis, ces activistes interviennent également en Europe et en Asie. Aucun secteur d’activité n’est épargné, avec une prépondérance pour des campagnes ciblant des firmes des secteurs de la consommation discrétionnaire (celle qui désigne les biens et services jugés non essentiels), l’industrie et les matériaux de base. Leurs motifs d’intervention reposent sur des considérations stratégiques (26 % des campagnes menées sur le STOXX 600) ou de gouvernance, comme la composition du Conseil d’Administration (24 %).
Le débat sur les bénéfices présupposés des hedge funds est loin d’être tranché, pourtant ces investisseurs jouent un rôle significatif dans la conduite du changement, la stratégie et la gouvernance des firmes. On est donc en droit de se poser LA question à plusieurs milliards : ces…
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Auteur: Luc Desrousseaux, Professeur en finance, IÉSEG School of Management

