Le cumul des rôles d’actionnaire et de créancier modifie le comportement de certains fonds, notamment aux États-Unis. Les entreprises concernées obtiennent de meilleurs résultats, qu’on s’intéresse à la seule performance financière ou à la RSE.
Parmi les choix d’investissement courants pour les investisseurs institutionnels, tels que les fonds de pension ou les fonds d’investissement, figurent l’achat d’actions ordinaires de sociétés cotées ou l’achat de titres de dette. Chaque option présente ses avantages et ses inconvénients. L’investissement dans la dette d’entreprise donne droit à des paiements d’intérêts et au remboursement du capital, qui sont des obligations contractuelles. Les actionnaires, quant à eux, peuvent recevoir des dividendes, bien que l’entreprise ne soit pas tenue de les verser, ou espérer vendre leurs actions ultérieurement à un prix plus élevé.
En cas de faillite, les créanciers sont prioritaires, ce qui rend la dette moins risquée que les actions de la même entreprise. Cependant, les créanciers ne participent pas en principe aux décisions stratégiques et ne bénéficient pas des résultats exceptionnels de l’entreprise. Cette différence crée un potentiel conflit d’intérêts, les actionnaires étant tentés de prendre des risques plus élevés, transférant le risque de perte vers les créanciers.
Des positions mixtes plutôt répandues
Traditionnellement, les portefeuilles des investisseurs institutionnels ont été orientés vers les actions. Comme le montre le graphique ci-dessous, les investisseurs institutionnels détiennent une part significative des actions en Europe, et encore plus aux États-Unis. Toutefois, pour profiter des avantages des deux types d’investissements, ils peuvent choisir d’investir à la fois dans les obligations et les actions émises par la même entreprise. Comme l’ont montré Keswani et al. (2021), deux familles de fonds sur cinq aux…
Auteur: Yulia Titova, Professeur Assistant, IÉSEG School of Management

