Cet été 2022, les feux de forêt de pins maritimes dans les Landes de Gascogne ont frappé les esprits. Dans les départements concernés de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne, les feux ont atteint des dizaines de milliers d’hectares.
Carte des Landes de Gascogne.
Wikimedia, CC BY-SA
Les images diffusées par les médias, les déclarations des pompiers, les constats des élus, des producteurs industriels de bois ou encore des agents de l’ONF, mais aussi les commentaires de résidents et de vacanciers ont semblé assez unanimes dans la description de la « catastrophe ».
Mais que s’est-il passé exactement ? Faut-il parler d’une « catastrophe naturelle » ou d’une « perturbation humaine » ?
Derrière ces expressions se cachent des processus écologiques et des réalités territoriales sur lesquels il faut revenir pour évaluer le poids de la gestion du territoire dans ces incendies et tenter d’esquisser une trajectoire durable pour cette région forestière.
Quand les feux se déclenchent
Les végétations brûlent sous l’effet de processus naturels, modifiés par les humains ; et certaines brûlent plus que d’autres : les Landes de Gascogne n’échappent pas à cette maxime scientifique.
Les feux se déclenchent (on parle d’« ignition ») parfois naturellement et se propagent tout aussi naturellement. L’ignition naturelle est provoquée par la foudre, un processus rarissime et peu risqué, car très souvent associée aux pluies d’orage. L’ignition est ainsi le plus souvent le fait des humains.
Reste la propagation : elle concerne la combinaison complexe du combustible (végétaux), de son hétérogénéité en qualité (inflammabilité des espèces végétales), de son abondance, de sa répartition au sol et verticale en forêt, de la continuité du combustible au niveau du territoire ; et, bien entendu, des conditions météorologiques.
On comprend aisément que l’on peut modifier certains paramètres de végétation pour réduire ou augmenter la propagation d’incendie. Il est donc possible d’agir sur le risque.
Facteurs de contrôle des feux ; à gauche, les facilitateurs (chaleur, sécheresse, boisements clairs, paysage forestier continu) ; à droite, les atténuateurs, à savoir de l’humidité, des boisements denses composés d’arbres peu inflammables et un paysage morcelé alternant des forêts des productions, des forêts naturelles peu inflammables, de l’agriculture (vignes ou fruitiers, grandes cultures, maraîchage, prairies).
Mourir, échapper ou survivre aux flammes
Un feu a des effets variés et multiples sur la biodiversité et la productivité des écosystèmes. Des organismes végétaux, animaux ou microbiens meurent, mais leur démographie peut s’en trouver stimulée.
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Auteur: Christopher Carcaillet, Directeur d’études (professeur), écologie et sciences de l’environnement, École pratique des hautes études (EPHE)


