Les forêts françaises ne sauveront pas le climat

Les forêts françaises sont des alliées décisives dans la lutte contre le changement climatique grâce aux capacités de captation du CO2 par les arbres. Mais leur dégradation réduit gravement ce pouvoir de puits de carbone et pourrait même quasiment l’annuler d’ici 2050. C’est la conclusion d’une étude réalisée par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) et l’Institut technologique FCBA (forêt, cellulose, bois, construction, ameublement), rendue publique le 13 mai.

Dans le pire des scénarios, selon l’étude, la croissance des forêts pourrait diminuer de 25 % d’ici 2050 par rapport à aujourd’hui, et la mortalité des arbres croître de 77 % dans le même temps. Un scénario « pessimiste », mais d’autant plus plausible puisqu’il ne fait que prolonger les tendances actuelles : entre 2013 et 2021, l’IGN observait déjà une hausse de 80 % de la mortalité des arbres et une baisse d’un tiers en dix ans de la capacité des forêts de France à capter et stocker le carbone.

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Le principal facteur de ce dépérissement, soulignent l’IGN et le FCBA, est le changement climatique lui-même. Les pics de chaleur et les sécheresses ralentissent la croissance des arbres et les affaiblissent, accentuant également leur taux de mortalité. Un second facteur qui réduit le puits de carbone des forêts concerne les coupes d’arbres réalisées pour nos différents besoins en bois. Ces récoltes sont fortement en hausse dans plusieurs scénarios de l’étude, mais leur effet est particulièrement ambivalent.

Le problème du bois énergie

L’étude évoque, en effet, trois manières de stocker du carbone pour l’ensemble de la filière « forêt-bois ». Premier levier pour atténuer le changement climatique : séquestrer le carbone dans l’écosystème, c’est-à-dire laisser croître la forêt. Les…

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Auteur: Vincent Lucchese