Un coût élevé pour un refus sans compensation
Lorsqu’une personne fait une demande de visa, elle doit s’acquitter de frais qui varient entre 80 et 90 euros selon le type de visa demandé. Ces frais sont exigés avant même que la demande ne soit traitée. Ou, en cas de refus, il n’y a aucune possibilité de remboursement. Ce système pénalise particulièrement les citoyens africains, qui connaissent un taux de refus bien plus élevé que les autres régions du monde. Par exemple, au Sénégal, près de 16 % des demandes sont rejetées chaque année, laissant les demandeurs sans recours financier (rti).
Pour de nombreuses personnes en Afrique, ces frais représentent un montant considérable, voire prohibitif, qui aggrave les inégalités socio-économiques. Le rejet de la demande de visa n’aboutit donc pas seulement à une frustration personnelle, mais engendre également une perte économique pour des milliers de familles, de jeunes entrepreneurs et de travailleurs aspirants à des opportunités en Europe.
Un système qui profite aux États européens
Les États européens, dont la France, tirent ainsi un bénéfice économique direct des demandes de visa rejetées. En effet, les frais de visa perçus ne couvrent pas uniquement les coûts administratifs du traitement des demandes, mais génèrent également des revenus pour les gouvernements. Si l’on extrapole les données, les sommes recueillies grâce aux demandes rejetées représentent une source de revenus considérable pour les pays membres de l’espace Schengen.
Cette pratique est d’autant plus problématique que les demandeurs se retrouvent souvent dans une situation de double peine : non seulement ils perdent la somme investie, mais ils voient aussi leurs projets personnels et professionnels suspendus ou annulés. Les opportunités d’études, de travail ou de tourisme sont ainsi des compromis, accentuant le sentiment d’injustice et d’exclusion.
Une discrimination implicite…
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Auteur: Yves GUÉCHI

