El-Obeid, principale ville du Nord-Kordofan, est assiégée par les FSR depuis des semaines. Le siège menace plus de 600 000 habitants et des centaines de milliers de déplacé·es. Sa chute redéfinirait l’équilibre des forces. Un nouvel « El-Fasher » se prépare, mais le monde détourne les yeux.
Les Forces de soutien rapide (FSR) semblent se préparer à assiéger El-Obeid, la capitale stratégique de l’État du Nord-Kordofan. (Crédits : Ayin Network)
La ville d’El-Obeid, principale agglomération du Nord-Kordofan, est assiégée depuis plusieurs semaines par les Forces de soutien rapide (FSR). Elles bombardent quotidiennement la ville, ciblant des zones fréquentées par les civil·es et faisant des dizaines de mort·es et de blessé·es. Selon des rapports, les FSR auraient déplacé des combattants, dont un grand nombre de mercenaires venus du Soudan du Sud, du Tchad, de la Centrafrique et de Colombie, depuis le Darfour vers El-Obeid, dans l’optique de mener une attaque imminente sur la ville.

Devant une maison touchée par une frappe de drone à El-Obeid. (Crédits : El Tayeb Siddig/Reuters)
Les civil·es et déplacé·es ciblé·es par les FSR
El-Obeid accueille des centaines de milliers de déplacé·es venus du Kordofan-Occidental, du Sud-Kordofan et du Darfour, en plus de ses habitant·es, dont le nombre dépasse les 600 000. Des bombardements quotidiens visent des zones de rassemblement civil, notamment les marchés et les infrastructures de services. Le siège, depuis plusieurs mois, a donc plongé la ville dans une grave crise économique, aggravant une situation humanitaire déjà très précaire. Les FSR mènent depuis plusieurs mois des attaques terrestres et par drones dans les villages autour de la ville, faisant des dizaines de morts.
Parmi ces attaques, les FSR ont frappé un cortège funèbre, tuant quatre personnes et en blessant plusieurs autres au cimetière de Dalil (le 10 juin) ; une station-service (le 10 juin)
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