On entend souvent « à gauche » cette petite musique condescendante à propos des électeurs du Rassemblement National. Ils seraient « fachés mais pas fachos », simplement trompés par la communication dédiabolisée du parti d’extrême droite. Il s’agirait donc de leur apporter la lumière, de leur prouver que derrière les beaux discours populistes se cache du racisme crasse, leur démontrer qu’ils se trompent quand ils votent et comprennent mal leurs intérêts de classe. Le sociologue Félicien Faury a mené une enquête au long cours sur ces électeurs dans le Sud-Est de la France et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il complexifie et radicalise ces analyses de plateaux télés : on ne vote pas RN par méprise ou manque d’éducation mais pour défendre un ordre du monde, racial et dominant.
À voir samedi 6 juin à partir de 13h00
Vous connaissiez les forces de l’ordre et les gardiens de la paix. Vous n’avez pas encore rencontré les gardes-côtes de l’ordre racial. Les électeurs du Rassemblement National, à la lisière de l’ordre propriétaire, mais ne pouvant en jouir qu’à politiser le racisme et en faire, ainsi, un motif réel et direct de vote. Le problème n’est pas que le racisme est une pure pulsion pathologique ; c’est qu’il présente une multitude d’avantages socio-économico-symboliques pour celles et ceux qui sentent que le centre s’apprête à les déchoir avec mépris. Le problème est que la politisation du racisme est rationnelle, voire même raisonnable, une fois pris acte le caractère racial de la structure générale du monde dans lequel nous vivons.
Nous recevons, ce vendredi soir, fidèles à notre rythme effréné d’interviews presque quotidien, le sociologue Félicien Faury pour son livre Des électeurs ordinaires. Il s’agit d’une enquête sociologique portant sur le discours et les conditions du discours de…
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Auteur: dev

