En 2019, je suis venue m’installer à Taluyers, au sud-ouest de Lyon, avec mon compagnon. Nous avons acheté une maison, nous avons eu un enfant, on était heureux. Et puis un jour, on apprend qu’on est touchés par une pollution aux PFAS, des substances chimiques « per- et polyfluoroalkylées » aussi appelées « polluants éternels ». Cette découverte s’est faite à la naissance de ma première fille, en 2021. À ce moment-là, des sages-femmes demandaient des dons de lait maternel dans la région de Pierre-Bénite, où se situe une grande plateforme industrielle, afin de déterminer si ces polluants éternels se transmettent de la mère à l’enfant.
L’émission Vert de rage s’est saisie du sujet et a mené une étude. Je me suis portée volontaire : sur treize échantillons de lait, le mien figurait parmi ceux qui avaient le taux de PFAS le plus élevé. Un choc. Dans l’eau en aval de l’usine, donc vers chez moi, ils ont retrouvé jusqu’à deux fois plus de perfluorés que la moyenne maximale autorisée par l’Europe. J’étais sidérée de comprendre que nourrir son enfant au sein, la chose la plus naturelle au monde, n’était plus possible et risquait même de rendre ma fille malade. Nous avons découvert que les PFAS polluent l’air, l’eau, les sols, la faune, la flore, nos corps…
Nous avons réfléchi à notre mode de vie, notamment à notre alimentation car nous achetions nos fruits et légumes chez des producteurs locaux. Si même le bio n’est plus sain à côté de chez nous, que devons-nous manger ? Dans certaines communes, il est interdit aux habitants de consommer les œufs de leur poulailler. Pour l’eau, nous n’avons plus confiance même si on nous dit que ça respecte les seuils alors nous filtrons l’eau avec une bonbonne de douze litres. Une contrainte quotidienne mais nécessaire car en me renseignant, j’ai vu que cela pouvait…
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