Les chimpanzés sont les plus proches parents vivants des humains, partageant plus de 98 % de notre ADN. Ils sont en voie de disparition, il en reste moins de 250 000 et leur nombre diminue chaque année de 1,5 à 6 %. Cette situation est due, entre autres, à la destruction de leur habitat, à la chasse et aux maladies infectieuses.
Comprendre comment les chimpanzés se sont adaptés pour survivre dans la nature peut apporter des réponses à des questions clés sur la biologie et l’évolution humaines. Cela peut également contribuer à leur conservation. Cependant, nous savons très peu de choses sur l’adaptation génétique des chimpanzés, car il est extrêmement difficile d’obtenir des échantillons d’ADN de haute qualité provenant d’individus sauvages.
Nous avons tenté de combler cette lacune en collectant des échantillons de matières fécales de centaines de chimpanzés sauvages dans 17 pays africains dans le cadre du Programme panafricain : le chimpanzé cultivé. Il s’agit d’un consortium international de scientifiques comprenant des généticiens, des primatologues et des écologistes.
Il est difficile d’obtenir suffisamment d’ADN de bonne qualité à partir d’échantillons de matières fécales et cela n’a jamais été fait à cette échelle pour les chimpanzés. Cependant, en utilisant des techniques de pointe, nous avons surmonté ces difficultés.
Nous avons trouvé des preuves que différentes populations ont développé des différences génétiques pour s’adapter à leurs habitats locaux. En particulier, les populations vivant dans les forêts ont développé des adaptations dans les gènes associés aux maladies infectieuses. Celles-ci incluent les mêmes gènes impliqués dans la résistance et l’adaptation au paludisme chez les humains.
Les preuves d’adaptation génétique locale identifiées ici ont des implications importantes pour la conservation des chimpanzés et, potentiellement, pour notre compréhension de…
Auteur: Harrison J. Ostridge, Scientist, UCL Genetics Institute, UCL

