Vivre en ville, un risque pour la santé mentale
Une chose est certaine, le modèle urbain actuel, façonné par une combinaison de facteurs néfastes, n’est pas pensé pour prendre soin de notre santé mentale. Exposition à la pollution, manque d’espaces verts pour se régénérer, stimulation sensorielle permanente, logements souvent exigus…
À cela s’ajoutent le stress psychologique et une forme de solitude paradoxale, où l’on peut être entouré sans lien social réel. Un cumul d’éléments aux tendances pathogènes lorsqu’ils deviennent un quotidien sur le long terme.
70 % de la population mondiale devrait vivre dans des villes d’ici 2050. Pourtant, habiter dans un environnement urbain dense augmenterait nettement le risque de développer des troubles psychiatriques. En Europe, la prévalence de la schizophrénie est deux fois plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural. Les études épidémiologiques menées sur plus de quinze ans montrent également que le risque de troubles du spectre autistique est multiplié par trois dans les grandes villes.
C’est d’ailleurs dans cette direction que s’inscrivent les travaux récents de Stéphane Jamain, Baptiste Pignon et leur équipe, qui ont pu observer une hausse d’environ 10 % des passages aux urgences psychiatriques lors des vagues de chaleur, ainsi qu’une augmentation des cas de dépression, de schizophrénie et des comportements suicidaires.
Les épisodes caniculaires, tout comme les pics de pollution, affectent particulièrement les personnes souffrant déjà de troubles mentaux.
« Durant les pics de chaleur, la perturbation du sommeil est un facteur clé, ainsi que l’anxiété, le stress social et, potentiellement, des perturbations de la thermorégulation », commence Stéphane Jamain, auteur de l’étude, pour La Relève et La Peste.
En appuyant leurs recherches sur le croisement des données liées à la pollution et celles des cartes d’exposition avec…
Auteur: Chloe Droulez

