Les Graines du figuier sauvage
Les Graines du figuier sauvage, Mohammad Rasoulof, 2h48
L’entrée en lice du nouveau film de Mohammad Rasoulof, Les Graines du figuier sauvage, lors de la projection officielle au Grand Théâtre lumière revêtait une émotion particulière. La présence du réalisateur iranien à Cannes, condamné à 8 ans de prison dont 5 applicables pour « collusion contre la sécurité nationale », est en effet le fruit d’une échappée risquée à travers les montagnes de son pays, courage dont ont fait preuve avec lui les membres de son équipe qui l’entouraient lors de la montée des marches.
On imaginait mal que son nouveau film, Les Graines du figuier sauvage, présenté en compétition, n’évoque pas la situation en Iran, d’autant qu’il l’a toujours fait dans ses œuvres précédentes, parmi lesquelles Au revoir (2012), Un homme intègre (2017) et Le Diable n’existe pas (2020). Cette fois, le cinéaste illustre les tensions qui traversent le pays par les oppositions qui secouent une famille.
Le père, Iman (Misagh Zare), fraîchement promu juge, est un serviteur du régime. Non pas dévoué d’emblée : il a une éthique personnelle. Mais pour préserver sa carrière, il la fait taire. Sa femme (Soheila Golestani) accepte la domination de son mari, qu’elle sait violent, d’autant qu’elle aspire à une vie bourgeoise. En revanche, leurs deux filles, Rezvan (Masha Rostami) et Sana (Setareh Maleki), sans se joindre au mouvement « Femme, vie, liberté », qui a cours dans la rue, s’indignent de la violence de la répression qui s’abat contre les manifestant.es et ont des désirs d’émancipation qui passent, par exemple pour la plus jeune, à se teindre les cheveux en bleu – ce qui est anodin dans nos contrées peut être un acte…
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Auteur: Christophe Kantcheff

