Vous lisez la troisième enquête réalisée en partenariat avec StreetPress sur la Coordination rurale.
« Les blindés dans les cités, pas chez nos fermiers », annonçait la banderole du groupuscule identitaire Patria Albiges déployée le 13 décembre 2025 lors d’une manifestation agricole dans le village du Séquestre, dans le Tarn. Les militants d’extrême droite avaient ce jour-là rejoint la Coordination rurale (CR) locale qui bloquait la rocade à l’entrée d’Albi pour protester contre l’abattage de vaches ordonné par l’État afin d’endiguer la dermatose nodulaire contagieuse. Les nervis ont aussitôt publié sur les réseaux sociaux des vidéos de cette « action avec les agriculteurs ». Quelques jours plus tard, le nouveau secrétaire général du syndicat, François Walraet, assurait pourtant — et peut-être un peu vite — au Canard enchaîné que « la Coordination rurale n’est absolument pas noyautée par l’extrême droite ».
Cet hiver, l’extrême droite radicale s’est invitée aux mobilisations du deuxième syndicat agricole. Le 15 novembre 2025, les nationalistes de Novelum Carcassonne étaient présents durant les manifestations à Béziers aux côtés des viticulteurs de la CR de l’Hérault. Mi-décembre 2025, plusieurs groupuscules ont mené des actions simultanées : les nervis de Patria Albiges à Séquestre, le Bloc montpelliérain devant le poste de la CRS 56, les nationalistes d’Aurora en Lorraine, ceux de Valyor Chambéry à un rassemblement du syndicat agricole.
Tandis que l’Action française de Lyon, Audace Lyon, Allobroges Bourgoin et les Bayards se sont rendus à une opération escargot organisée par la CR iséroise qui distribuait des bonnets jaunes. Plus récemment, le 8 janvier, à Paris, les militantes identitaires du collectif Némésis ont accueilli les tracteurs du syndicat à grand renfort de sourires, de pancartes de soutien et de viennoiseries.
LES ENQUÊTES DE
Auteur: Oriane Mollaret

