« Cela ne me quittera jamais », a-t-elle confié vendredi, au retour d’une mission en Haïti du 16 au 20 mars.
Cette scène de dignité au milieu du chaos résume, selon elle, l’ampleur de la tragédie haïtienne autant que la force de sa population.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Haïti est confronté à « l’une des crises humanitaires les plus graves et les plus rapidement détériorées de l’hémisphère occidental », a averti Mme Wosornu.
Aujourd’hui, 6,4 millions de personnes – soit plus de la moitié des quelque 11,9 millions d’habitants du pays – ont besoin d’une aide humanitaire. Parmi elles, 5,7 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë.
« Ce ne sont pas des chiffres abstraits… ils représentent des familles déracinées, séparées, des enfants, qui ont perdu leur foyer et ce qu’ils connaissaient », a-t-elle précisé.
Edem Wosornu, directrice de la Division de la réponse aux crises de l’OCHA, lors de sa visite en Haïti en mars 2026.
La violence des gangs continue d’étrangler le pays. Selon Mme Wosornu, 90% de Port-au-Prince est désormais sous contrôle armé. Au total, 1,45 million de personnes sont déplacées, soit 12% de la population.
Promiscuité et insalubrité
Lors d’une visite dans une école transformée en site de déplacés, Mme Wosornu a témoigné d’une promiscuité extrême : 2.800 personnes vivent entassées dans un établissement prévu pour 400 élèves.
« Là où je marchais, c’est là où les gens dorment la nuit », a-t-elle confié.
À la tombée de la nuit, a-t-elle ajouté, la vermine et les cafards envahissent les lieux. Des parents lui ont montré les irritations sur la peau des enfants, expliquant : « Chez nous, nous allions bien — et nous voilà déplacés ».
Auteur: Nations Unies FR

