Chaque année, on estime qu’entre 700 000 et 1 million de hérissons périssent sur les routes françaises. Mais une étude publiée le 11 mars dans Biology Letters pourrait changer la donne. Dirigée par Sophie Lund Rasmussen (Université d’Oxford), elle montre que ces animaux entendent jusqu’à au moins 85 kHz. Une capacité supérieure à celle du chien (45 kHz), du chat (65 kHz). L’humain, lui, n’entend pas au-delà de 20 kHz.
« Cela m’a beaucoup surprise, car personne n’avait réellement étudié l’audition du hérisson européen de façon rigoureuse auparavant. Les travaux existants restaient très rudimentaires, sans véritable protocole scientifique », confie Sophie Lund Rasmussen à La Relève et la Peste.
Pour lever ce voile, les chercheurs ont soumis les animaux à une série de fréquences, de 4 à 85 kHz, en surveillant en temps réel leur réponse nerveuse à l’aide d’électrodes. Pourquoi s’arrêter à ce seuil ?
« Nous avons été contraints par notre matériel, limité à 90 kHz. Mais surtout, nous voulions respecter le bien-être animal. Les hérissons étaient anesthésiés, et nous avons choisi de ne pas dépasser une heure d’expérimentation. »
Au-delà de la prouesse auditive, la découverte soulève de nouvelles interrogations. Pourquoi les hérissons ont-ils développé une telle capacité ? « Cela ouvre énormément de questions. Ont-ils évolué pour percevoir ces fréquences afin de repérer des insectes ? Ou pour communiquer entre eux ? », s’interroge la chercheuse.
Car, à première vue, les hérissons sont d’une discrétion sonore déconcertante. Quelques sifflements chez les jeunes, des soufflements chez les adultes, de rares cris de détresse. « On les observe interagir, mais il est possible qu’ils communiquent en permanence… simplement en dehors de notre champ auditif ».
Particulièrement vulnérables aux collisions, les hérissons pourraient bénéficier de cette avancée. « On…
Auteur: Joanna Blain

