Les fans de la série How to Get Away with Murder se souviennent d’une réplique phare du personnage Nate Lahey : « Les Blancs ramènent toujours la question de la race quand ça les arrange, jamais quand c’est pertinent. » On pourrait dire la même chose de la figure du violeur, brandie comme un étendard par les « nice guys » lorsqu’il s’agit du spectre de l’inconnu dans une ruelle sombre, mais jamais lorsqu’il s’agit de se confronter à la réalité des chiffres : la vaste majorité des victimes connaissent leurs agresseurs, et ces derniers considèrent souvent que ce n’était pas un viol.
Dans un moment où parler du viol est particulièrement pertinent, Julia Tissier pose la question dans « ChEEk » (sur le site des Inrockuptibles) : « Procès de Mazan : les hommes doivent-ils l’ouvrir ou la fermer ? ». Un article qui pose une question importante dans le contexte de ce procès hors norme pour des faits de viol, qui sont pourtant consubstantiels du patriarcat.
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S’il y a silence, c’est parce que le « nice guy » et le patriarcat (dans sa version conservatrice ou libérale) présentent toujours le couple, et plus encore le mariage, comme une protection. Il est difficile d’aborder ce sujet de manière pertinente lorsqu’il n’y a pas déjà eu une réflexion sérieuse sur le patriarcat et la domination masculine. On en voit les limites dans les discours autour de la culture du viol, de la masculinité toxique et du consentement.
Poser la question ainsi présuppose deux lignes féministes qui semblent contradictoires : celle qui demande aux hommes d’afficher un pro-féminisme et de faire le travail d’éducation de leurs pairs, et celle…
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Auteur: Fania Noël

