« À une époque où la résistance des microbes aux antibiotiques ne cesse de croître, on insiste de plus en plus sur la nécessité d’introduire dans les traitements des produits antimicrobiens contre lesquels les microbes n’ont pas encore développé de résistance », explique Malwina Brożyna, chercheuse à l’université de médecine de Wroclaw en Pologne dans un communiqué.
Dans deux récentes publications, l’une dans Frontiers in Microbiology, l’autre dans Frontiers in Pharmocology, la chercheuse et son équipe soulignent la nécessité de mettre en place un cadre méthodologique rigoureux et standardisé pour évaluer l’efficacité antimicrobienne des huiles essentielles et leur potentiel thérapeutique, à l’instar de ce qui est fait pour les antibiotiques et les antiseptiques.
À l’heure actuelle, la plupart des recherches sont de faible qualité méthodologique, portant sur un panel de souches microbiennes limité, ne permettant pas de comprendre le microenvironnement complexe des sites d’infection et ne répondant ainsi pas aux normes attendues pour des agents anti-infectieux.
Les huiles essentielles, des propriétés multiples
Les huiles essentielles sont un ensemble complexe d’une multitude de composés aux propriétés antimicrobiennes, mais aussi anti-inflammatoires et antioxydantes. Leur activité antimicrobienne à large spectre contre différentes cibles microbiennes (à la fois les membranes, les enzymes et les voies de signalisation) « réduit le risque de résistance », précisent les chercheurs polonais. Compte tenu de ces propriétés, les huiles essentielles pourraient augmenter l’efficacité des antibiotiques.
Dans un premier temps, les scientifiques se sont intéressés à l’effet des huiles de romarin et de thym contre le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus), pathogène responsable de nombreuses infections cutanées et dont certaines souches sont très résistantes aux antibiotiques….
Auteur: Charlene Catalifaud

