On savait déjà que les mégaconstellations, ces nouvelles flottes de satellites destinées à fournir des accès internet à haut débit, comme celles de SpaceX ou d’Amazon, créent une très forte pollution lumineuse, mettant en danger le travail des astronomes qui observent l’univers depuis leurs télescopes, sur Terre.
Malheureusement, les télescopes placés en orbite, qui échappent en partie à la pollution lumineuse terrestre, risquent d’être également parasités par ces nouvelles nuées de satellites de télécommunication. C’est ce que constate une étude réalisée par des chercheurs de la Nasa et publiée dans la revue Nature le 3 décembre.
Si toutes les mégaconstellations sont déployées comme prévu, un tiers des images du célèbre télescope spatial Hubble serait contaminé, alertent les scientifiques. Pour certains télescopes spatiaux, ce serait même jusqu’à 96 % des images qui pourraient être rendues inexploitables par les longues traînées lumineuses générées par les mégaconstellations privées.
Lorsque les télescopes des scientifiques prennent des photographies du cosmos, le passage permanent de satellites crée de longues traînées lumineuses, comme des rayures qui rendent les images inexploitables. Or, le lancement de ces satellites commerciaux explose en proportions affolantes.
À titre de comparaison, du début de l’ère spatiale à 2017, l’humanité n’avait placé que 8 000 satellites en orbite. Les entreprises des milliardaires de la tech, à l’instar d’Elon Musk et Jeff Bezos, prévoient maintenant d’en lancer des dizaines de milliers chacun. D’après les auteurs de l’étude, si toutes les mégaconstellations sont déployées, le nombre total de satellites en orbite pourrait être de l’ordre de… 560 000. De quoi réduire considérablement notre capacité à développer nos connaissances de l’univers, ou empêcher la surveillance d’astéroïdes potentiellement…
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