Les impasses de la mémoire

On commémorait le 27 janvier la libération d’Auschwitz. Il faut avoir été sur les lieux et avoir su imaginer les cris d’effroi des prisonniers promis à la mort, les hurlements des nazis, et les coups qui s’abattaient sur ceux qui ne pouvaient plus courir (il fallait toujours courir à Auschwitz) pour prendre un tant soit peu la mesure de l’horreur. La mémoire est encore entretenue par quelques survivantes centenaires qui préfèrent magnifiquement le sourire aux larmes, c’est-à-dire, quand même, l’avenir au passé. La monstrueuse spécificité de la Shoah rend impossibles les comparaisons. D’où la difficulté du débat sur le génocide à Gaza.


Sur le même sujet : Dossier : Il y a 80 ans, Auschwitz

Pour autant, ce serait une aporie de mener un travail de mémoire avec le pays qui a fait de la Shoah une « religion d’État », selon l’expression de l’historienne Idith Zertal, massacre à Gaza, abrite dans son gouvernement d’authentiques fascistes qui applaudissent à la proposition de Donald Trump de transférer vers l’Égypte et la Jordanie des centaines de milliers de Gazaouis. Quelle collision de l’histoire ! Gardons-nous cependant de prendre à la légère l’idée apparemment folle de Trump. Elle se heurte pour l’instant à l’opposition de la Jordanie et de l’Égypte, mais elle n’est rien d’autre que l’affirmation de l’accomplissement du projet sioniste dans ses pires extrémités. Au lendemain de la guerre des Six-Jours, en 1967, deux ministres travaillistes n’avaient-ils pas avancé la même suggestion ?

Trump ne promet pas l’extermination aux Palestiniens, mais une gigantesque épuration ethnique.

Rien ne doit donc nous empêcher de dénoncer certains dirigeants actuels d’Israël pour ce qu’ils sont : des fascistes. Ni…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Denis Sieffert

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com