Cet été, peut-être prenez-vous des « tracances », néologisme formé à partir des mots « travail » et « vacances » qui désigne le fait de télétravailler hors de son lieu de résidence, le plus souvent sur son lieu de vacances. Ces « tracances » ont été particulièrement médiatisées ces deux dernières années, à la suite de la pandémie de Covid-19. À l’instar des nomades digitaux travaillant tout en voyageant, un phénomène déjà exploré par la littérature scientifique, ces nouvelles pratiques brouillent plus encore les frontières entre espaces-temps privés et professionnels.
L’essor des « tracances » a été rendu possible pour certains en raison du déploiement de plus en plus répandu du télétravail, devenu la norme pour presque un Français sur trois. Or, si les secteurs d’activités et les niveaux de responsabilité sont souvent mis en avant pour expliquer une pratique plus ou moins régulière du télétravail, la zone de résidence permet encore davantage de mettre à jour de fortes disparités entre actifs sur le territoire français. Et ce, d’autant plus pendant la période estivale.
Les nouvelles stratégies territoriales des actifs
En effet, si 70 % des salariés cadres à Paris télétravaillent régulièrement, ce chiffre baisse à 50 % dans les grandes métropoles, et à 23 % dans des communes très peu denses, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Sur l’ensemble des salariés, 56 % des Parisiens télétravaillent régulièrement, contre 36 % pour le reste de l’Île-de-France. Notons à cet égard que la zone de résidence concentre également d’autres facteurs, comme le niveau de responsabilité, le type d’activité et de secteur.
Le territoire est donc plus stratégique qu’on ne le pense en matière d’accès au télétravail. Au cours de trois ateliers participatifs entre chercheurs et organisations (publiques, privées, et…
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Auteur: Albane Grandazzi, Professeur Assistant, Grenoble École de Management (GEM)

