Le politiste Laurent Jeanpierre (1) a suivi depuis son lancement sur internet, en mai dernier, l’initiative « Bloquons tout ! », prévue le 10 septembre. Soit deux jours après le vote de confiance au gouvernement Bayrou, qui devrait faire chuter ce dernier. Souvent comparé – un peu vite – au mouvement des gilets jaunes, sur lequel le chercheur a beaucoup travaillé (2), cet appel à la mobilisation présente bien quelques points communs avec celui des ronds-points. Mais les différences sont, selon lui, très marquées, notamment du fait de son annonce anticipée et de l’attention des médias, des syndicats et des partis, qui craignent tous de « manquer » cette mobilisation, comme ils l’avaient fait avec les gilets jaunes.
L’initiative « Bloquons tout ! » vous semble-t-elle épouser un certain ras-le-bol très répandu dans la société, après l’âge de la retraite porté à 64 ans et l’annonce d’une possible suppression de deux jours de congé ?
Laurent Jeanpierre : C’est bien sûr l’expression d’un ras-le-bol que très peu de personnes contestent. Mais je crois qu’il y a une caractéristique qu’il faut souligner : l’anticipation de ce mouvement en change la nature. Sa médiatisation rapide, son acceptation partielle par les partis, les syndicats et les organisations représentatives en modifient fortement les contours et la composition. Cela diffère beaucoup de ce qui s’est passé avec le mouvement des gilets jaunes, auquel cette initiative est souvent comparée.
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Cela aura selon moi des effets sur la mobilisation elle-même : des effets d’entraînement, peut-être, et des effets…
Auteur: Olivier Doubre

